maman solo

Mon fils est un peu plus mature que les marmailles de son âge et plus indépendant aussi . Kathy a élevé seule son fils. Complices depuis toujours, ces deux-là ont placé la communication au centre de leur relation. Une relation que l’on pourrait qualifier de fusionnelle.  Il n’y a pas de secrets entre nous, il sait que je suis toujours là pour le câliner ou l’écouter si jamais il a besoin de se confier. Je le mets en garde, je le conseille. Je l’emmène au ciné, au resto, en balade au parc du Colosse… Bref, j’essaye de faire le minimum du maximum !  explique-t-elle joyeusement. Cela n’a pas été tous les jours faciles d’endosser le rôle de la mère et du père à temps complet.  J’avais 25 ans lorsque je suis tombée enceinte. Je pensais que son père m’aimait et allait rester avec sa petite famille. Je me trompais. Cela n’a pas été évident d’élever mon fils malgré cette absence, mais grâce au soutien de mes parents, j’ai pu y arriver sans trop de dégâts . Côté financier, les premières années n’ont pas été roses non plus.  Chercher un appartement en étant mère-célibataire, même avec un salaire, était peine perdue. Je n’avais droit à aucun avantage, ni aide sociale. C’était déprimant. Heureusement que mes parents nous ont tendu la main, et nous ont hébergés. J’ai pu me reposer sur eux.  Quelques mois après la naissance de Brendan, lorsqu’il a fallu retravailler,  ils ont répondu présent . Consciente de sa chance, Kathy ne les remerciera jamais assez pour ce qu’ils ont fait et ce qu’ils continuent à faire. Maintenant que le plus dur est derrière elle, cette maman dynamique envisage de refaire sa vie.  Je ne lui cache pas que j’ai envie d’avoir quelqu’un auprès de moi.  Un homme qui accepterait son fils et incarnerait cette autorité paternel qui lui a fait défaut durant toutes ces années.

Sylvaine et Cédric

Haut comme trois pommes, Cédric est devenu le centre d’attention de sa petite famille. Sa maman, Sylvaine, l’élève seule, avec le soutien de sa grand-mère.  Je partage de grands moments avec mon fils. Il n’a jamais manqué de rien. Il est toujours très entouré et ne souffre pas de l’absence de son père, même s’il pose parfois des questions à son sujet… C’est normal.  Pour rester à ses côtés, cette maman courageuse a retroussé ses manches et a monté une entreprise de haute couture à son domicile, au Chaudron.  Je me bats pour mon fils tous les jours.  Ce bambin lui apporte tellement  d’amour et d’affection . Comme beaucoup de mères célibataires, Sylvaine a connu des hauts et des bas.  Financièrement, ce n’était pas évident, j’ai dû me battre pour maintenir nos têtes hors de l’eau.  Quant à l’autorité du père dans cette famille,  elle n’a jamais manqué , affirme-t-elle sur un ton catégorique.  Bon, c’est vrai, ce n’est pas facile lorsque les marmailles préparent le jour de la fête des pères à l’école. Mais d’un commun accord avec sa maîtresse, Cédric confectionne le cadeau pour son oncle.  Aujourd’hui, cette maman de 49 ans se consacre entièrement à l’éducation de son fils et à sa jeune entreprise. Entière dans tout ce qu’elle entreprend, elle ne se voit pas recommencer sa vie avec un homme. Pourquoi ?  Parce que c’est comme avoir un deuxième enfant à charge. Être mère-célibataire me permet de me consacrer pleinement à l’éducation de mon fils et d’être attentive à ses besoins.  Et aujourd’hui, pour rien au monde, elle ne renoncerait à cette complicité.

Eléonie et Maryse

Séparée de son mari depuis 2004, Eléonie vit avec Maryse sa fille de 18 ans. Le quotidien est lion d’être facile pour cette Saint-Pauloise qui a du mal à joindre les deux bouts.  Je vis avec le revenu minimum d’insertion et je dois tout payer : le loyer, les nombreuses factures, la nourriture… On doit s’en tirer avec le peu d’argent que je gagne, alors ce n’est pas la joie tous les jours.  Paradoxalement, malgré un budget très serré, le quotidien d’Eléonie et de sa fille s’est apaisé.  Quand nous vivions sous le même toit que mon mari, les disputes étaient fréquentes. Les relations étaient houleuses… Jusqu’au jour où il nous a mis à la porte, mon enfant et moi.  Cela fut très difficile pour cette maman solo de retrouver son équilibre après ces épreuves. D’autant plus pénible pour sa fille, Maryse encore traumatisée.  Ses blessures sont encore vives, les plaies ne sont pas encore refermées. Elle s’est sentie rejetée par son père et aujourd’hui elle vit dans l’angoisse , raconte Eléonie. Une peur qu’elle tente d’apaiser tous les jours par la parole et le réconfort.

Lucie et Xavier

 Il faut beaucoup de courage pour élever un enfant seule , commence d’emblée Lucie. Abandonnée par son compagnon alors qu’elle était enceinte, la jeune maman s’est très vite retrouvée confrontée à la dure réalité.  Aujourd’hui, je suis écoeurée par ces pères qui ne prennent pas leur responsabilité. Ils ne se rendent pas compte de tout le mal qu’ils font quand ils laissent derrière eux leur famille.  Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa famille pour remonter la pente.  Une de mes belles-sœurs gardait mon fils Xavier quand il était petit jusqu’à ce que je décroche une place en garderie. J’ai eu beaucoup de chance, tout se passait bien.  En parallèle, Lucie reprend le boulot.  Sans mon activité professionnelle, je serais sûrement partie à la dérive , avoue-t-elle. Quelques années plus tard, c’est la crise d’adolescence.  Xavier a commencé à se révolter vers l’âge de 12 ans. À l’école et à la maison, il est devenu carrément invivable. Il m’en voulait de ne pas connaître son père. Mais je ne me laissais pas faire. J’avais beau lui dire la vérité, il ne voulait rien entendre.  Un jour, l’assistante sociale de l’école organise une entrevue avec le père de l’adolescent. Seize ans plus tard, Xavier rencontre son père pour la première fois.  Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit, mais, après cet événement, la colère de Xavier s’est apaisée. Il ne me prenait plus pour responsable de l’absence de son père , confie Lucie. Pour exprimer son mal être, Xavier s’est réfugié dans le rap, un style musical qui le libère de toute cette frustration. Quant à sa maman, il n’est pas exclu qu’elle refasse sa vie à condition qu’elle trouve un partenaire qui veuille bien  partager .

a partager .Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInPin on Pinterest